Bon j'avoue le titre de ce post n'est pas de moi, j’ai repris les mots d’une bonne femme qui appelait sa famille le soir du réveillon et qui essayait de décrire l’Ile des Pins…
Un peu plus de 360 jours viennent de s’écouler…
360, c’est aussi le nom du restaurant ou nous ont invites Sylvie et Oscar juste avant de rejoindre les Loyautés… C’est un restaurant gastronomique au dernier étage d’une tour qui domine Nouméa… La particularité de ce restau est qu’il fait un tour complet autour du cylindre en a peu près 2h…soit le temps d’un repas… C’était bien évidemment super bon et ça nous a bien évidemment super mal préparé aux trois semaines suivantes…
Ca a été toute une histoire pour rejoindre Mare. Entre les pannes mécaniques et les grèves (pas de doute, ce TOM tient bien de la France), on a abandonne l’option de l’avion. Arrives a 6h du matin a l’aéroport, a 15h on ne pouvait toujours pas nous dire s’il y aurait des avions le lendemain… On n’était pas les seuls dans ce cas. D’autres attendaient un avion depuis la veille au matin… Bref on s’est fait rembourser et on a eu un bon coup de chance car un cargo partait le soir même pour Mare (il y en a un par semaine ou par mois je ne sais plus). Il restait une dizaine de places a peine. On a donc embarque le soir, avec les 4 heures de retard réglementaires, et on est arrive le lendemain vers 10 h, soir 28h après notre arrivée a l’aéroport…belle perf !
On a pratiquement tout fait en stop. T’as même pas toujours a tendre le pouce, les gens s’arrêtent quand ils te voient marcher avec ton gros sac, sous un cagnard de fou.
Des qu’on est arrives sur Mare, au port de Tadine, on a été impressionnes par la couleur de l’eau. Elle est différente sur toutes les îles mais grosso modo ça va du bleu très clair voir transparent au turquoise et bleu fonce. Parfois, comme sur Ouvéa, il faut se pincer pour y croire. Je posterai des photos. Vous vous ferez votre propre avis. (NB, j’en profiterai pour rajouter qqs photos de l’Australie).
On a marche ensuite vers l’aquarium naturel. Le site est joli mais question poissons, ce n’est pas non plus à se taper le cul par terre. On est passe ensuite par la baie de Pede (les noms ne vous disent rien bien sur mais il y a les photos) et on s’est perdu en traversant le cap Wabao jusqu’au camping Le Fare de La Plage. Enfin camping c’est un bien grand mot : des chiottes déglinguées et une douche a l’eau froide. C’est ici que l’on a aperçu pour la première fois Cyrille, Marie et le petit Mano, qui ne nous lâcheront plus jusque sur l’île des Pins… Heureusement a ce stade nous avions eu la bonne intuition de ne pas leur parler…On s’est donc casse le lendemain pour un camping encore plus pourri, sur la cote ouest, sur la plage de Patho. Bon bah la les commodités se résumaient a une source d’eau (potable mais terreuse) provenant d’un tuyau en plastique. Pour y arriver on s’est vraiment galere en stop. Faut dire qu’on a fait la moitie de l’île en s’arrêtant une première fois a la grotte de Pethoen (rien d’exceptionnel) puis au bone de la léproserie (puit de 50 m de profondeur). En début d’apres-midi on s’est tappe une session « pouce » de plus de 2h30, a marcher en plein cagnard, avec des sacs de 13 et 17 kgs, et des routes interminables, a te demander comment c’est possible sur une si petite île. Le soir, ça a été le coup de grâce pour les derniers kilomètres ; une heure de marche en compagnie d’un Kanak (il vit de la culture et de la pêche, il vend aussi une partie au marche de Tadine deux fois par semaine, les gens du coins semblent avoir a peu près le même mode de vie que les Kanaks des tribus sur Grande-Terre), qui marchait assez vite… premières ampoules… le début de la galère a ce niveau…
On s’arrête donc au camping chez Francine, près de la plage de Patho. Le camping est naze mais Joseph, le tenancier, est bien cool. Il nous apprend a ouvrir les noix de coco au coupe-coupe (les noix de coco verte sont pour boire, les cocos séchées pour râper). Il nous invite à la fête de fin d’année de l’école. Qui de bien entendu commencera avec deux heures de retard, vu que les projos ont fait sauter les plombs juste avant le début des festivités. Le spectacle avait l’air marrant mais c’était tout en langue de Mare donc on a rien compris a part le thème qui était l’arrivée de l’igname. Chaque famille avait fait des plats. Et chacun payait sa portion 10 euros, pour la caisse de l’école. Joseph avait fait un cochon de lait. C’était bon. On était bien évidemment les seuls Blancs et on a été bien accueilli. Quelques uns nous ont reconnu (soit parce qu’ils nous ont vu ou pris en stop, soit parce que l’on s’est arrêter chez eux pour de l’eau).
On a fait également une randonnée jusqu’a la baie de Shabadran, accessible uniquement a pied peu après Patho. On a dormi sur place. La baie est assez jolie. Le site est vraiment spécial. On a fait l’aller avec un guide et le retour seuls. A cause des ampoules, je ne supportais plus que les claquettes. Ca a été vraiment limite car il fallait a moitie escalader une falaise dont la roche était une pure saloperie, hyper coupante. J’ai failli craquer, j’avoue !!! En plus de ça on avait plus d’eau. Le retour au camping de Joseph a été un vraiment moment de bonheur. On a bu, on s’est douche, on a fait une lessive, des grillades…Joseph semblait content de nous revoir. Du coup en repartant on était au courant de tous les potins du village. Notamment ceux concernant l’instit qui était arrivée avec deux mecs (soit disant son mari et le meilleur pote de son mari ; moi je dirais plutôt Popeye et un cousin !). Bref a un moment le cousin s’est barre. Sauf que le mari n’est toujours pas sur d’être le père. Du coup il n’est pas cool avec le gosse, il ne sort pas de chez lui et il ne bosse pas. Pour couronner le tout, l’instit fume de la beuh…
Avant de partir on s’est fait une messe a la Roche (l’église est proche de l’aéroport, c’est pratique…). Les gens ont l’air assez croyant. Belle chorale et robes missionnaires (colorées avec de la dentelle au niveau des chevilles).
Avion donc pour rejoindre Ouvéa. On avait pris un pass, ce qui nous est revenu beaucoup moins cher. On a loue une voiture le premier jour, histoire de voir le maximum et de pouvoir rejoindre notre camping. De la pluie et un bel arc-en-ciel du cote de St Joseph pour nous accueillir. Ouvéa c’est tout en longueur, avec une seule grande route principale qui longe la cote d’un bout a l’autre. Et d’un bout à l’autre, la couleur de la mer est invariablement magnifique. La beauté des eaux atteint son paroxysme au pont de Mouli, avec des nuances de bleus incroyables. Sensation étrange, d’absolu.
On est reste 5/6 jours au camping de Lekine, à cote pont de Mouli. La situation était sympa mais le camping était infeste de moustiques. Solange a déguste (dans les 300 boutons sur tout le corps…). Et moi aussi. Car a force de me gratter, les boutons sont devenus des plaies, qui se sont creusées avec l’eau de mer. Et infectées. Aujourd’hui mes pieds ne sont plus qu’un pansement. Et surtout j’ai super mal. J’ai l’impression que ça commence a aller mieux mais on a été a deux doigts d’aller a l’hopital.
On a bien squatte sur ce pont donc…On y a même pêche avec deux plongeurs français…Et observe pas mal de raies (notamment des raies aigles tachetées magnifiques). On s’était dit que ça sentait bon pour la plongée. Que dalle !!! On a été super decu des sites. Et encore plus par l’unique club, tenu par un Italien et une Française. Le rital est a moitie secoue, colérique. Et la Française est une mytho finie, elle en rajoute des tonnes. En bref on déconseille fortement Mio Palmo Plongée. Le seul problème c’est que c’est le seul club sur Ouvéa. On en a parle avec des plongeurs expérimentes et on en est arrive a la conclusion que la Nouvelle Calédonie était sûrement sur-cotee sur ce plan. Saut peut-être a explorer des sites par soit même.
L’Ile des Pins est la plus touristique (le stop y est moins facile !) mais du coup la mieux entretenue également. On a rejoint le camping Le Relais de Kuberka, dans la baie de Kuto. Le voisin du camping était énorme. Pendant 6 jours on l’entendait bourre, à mettre la musique a fond. Et ça c’était marrant aussi. C’était en permanence des grand ecarts musicaux : du bon reggae/ragga a de la daube des années 50, du rock a de l’espèce de zouk insipide.
La baie de Kuto est vraiment très belle. Elle est séparée d’une langue de terre de la baie de Kanumera.
C’est également sur l’île des Pins qu’ont été déportés les opposant politiques français a l’époque de la commune. On peut voir les ruines du bagne et un cimetière, vaguement entretenus. C’est assez émouvant de lire les témoignages de prisonniers. Quand t’imagines les conditions de détention et quand je vois comment je galère pour soigner 3 plaies avec ce putain de climat, tu te dis qu’ils ont vraiment du vivre l’enfer au paradis. On a également visite une ou deux grottes, notamment celle de la Reine Hortense (Reine d’une des tribus de l’île, qui s’y serait cache dans des temps politiques houleux). Ce qui est sur c’est que moi je m’y suis casse le cul en voulant aller tout au fond avec une torche de merde.
Vous verrez également les photos du point de vue du pic N’Ga, a 300 m de notre camping et de l’eglise de Vao, a 5 km. C’est quand même pas degueu.
Cyrille et Marie nous ont rejoint. On s’est senti moins seuls devant nos raviolis le 24 au soir… L’avant-dernier jour on s’est fait une balade en bateau avec eux, sur des îlots. On a failli mourir, en se mettant, avec Solange, a l’avant du bateau. On décollait d’un mètre et il n’y avait presque rien pour se tenir. L’horreur. Presque pire qu’avec le jet !!! On a fini par la classique balade d’une journée en pirogue. Tu pars de la baie de St Joseph et tu vas jusqu’au bout de la baie d’Upi. Ce qui était moins classique c’était notre skipper encore tout défoncé de son réveillon. Il s’est littéralement endormi à la barre. On a failli s’échouer… Du coup après il a prétexte qu’il n’y avait pas de vent pour mettre le moteur… Entre nous on était les seuls a ne pas se servir des voiles…Enfin on s’est bien marre. L’arrivée a la baie d’Upi casse un peu le mythe des pirogues de l’île des pins puisque qu’elle se fait dans une vase qui chlingue, c’est un truc de fou. Apres tu te tapes 1h de marche jusqu’a la piscine naturelle, en te perdant un peu, sinon c’est pas marrant. A partir de la il y a eu concours pour le repas du 25 entre Solange qui s’est tape une langouste et demie ( qui a fait passer les raviolis de la veille) dans une paillote assez simple en bord de mer, et Marie qui a voulu mange au Meridien, pour le cadre. Bien sur le Meridien, c’était un peu plus cher. On a pris des photos de la langouste. On attend celle de Marie pour délibérer…
Bon sinon on a le plaisir de vous apprendre qu’Interville ca existe aussi a l’Ile des Pins, sauf que ça s’appelle les jeux inter-tribus et qu’il n’y a pas de vachette. Il y a des jeux traditionnels (course de pirogue, lance de sagaie,…) et des tournois sportifs. Il y a 8 tribus ici et c’est la tribu de Gadji qui a gagne. Je sais, ca vous fait une belle jambe.
On a passe les deux derniers jours à Nouméa, dans le confort… On s’est éclate le bide au Méridien avant de partir. Ils font un buffet a volonté. Pour ceux qui aiment les fruits de mer, c’est un truc de fou. Solange s’est tape je ne sais combien de plats d’huîtres, de moules, de crabes, de crevettes, de thon cru, de saumon… Je n’ai pas été en reste avec les desserts. On a vraiment eu du mal a digérer. En même temps c’était un hôtel de luxe, et on sortait de 3 semaines de camping…l’un dans l’autre, ca ouvre l’appétit. Bon il y a quand même un gros point noir pour les vrais épicuriens : on ne peut pas fumer a table. C’est une honte à ce prix !!! Comment ca on s’est fait inviter ? On remercie Oscar et Sylvie au passage !!!
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