Du lac Titicaca à la région de Cuzco

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Pérou - de puno a cuzco
de Vincent, le 29-07-2009

Du lac Titicaca à la région de Cuzco

Nous nous sommes quittés a Puno. A une trentaine de kilomètres se trouve Sillustani, site funéraire inca et pré-inca bâti sur une presqu'ile, cette presqu'île avançant sur une très belle lagune. Trois civilisations différentes ont investi le site entre 1200 et 1535 : la civilisation Collas (les tombes sont des tours de pierres non taillées), la civilisation Tiwanaku (les morts sont enterrés, un cercle de pierre marquant la limite des tombes) et la civilisation Inca (tours très hautes, pierres taillées au mm, "on ne glisserait pas une aiguille entre chaque bloc"!). Dans les trois cas, les morts étaient momifiés. Une ouverture, à l'est des tours, permettaient d'introduire la momie, en position foetale. L'est correspondait à l'énergie vitale. On espérait ainsi au mort, dans cette position pré-natale, qu'il revienne à la vie.

Deux jours sur les iles du lac Titicaca.

Iles Uros : une quarantaine d'iles. La dernière Uros est morte en 59. Depuis les Aymaras ont investi les lieux, comprenant l'intérêt pécuniaire qu'ils pouvaient en tirer. Ceci dit, visite intéressante. Les iles, faites de roseaux, sont assez petites et font trois mètres d'épaisseur. Il ne faut pas avoir envie de pisser la nuit puisque les toilettes se trouvent...sur une autre ile, distante de plusieurs dizaines de mètres...

Amantani. Rencontre de Gloria et de sa fille, Brenda, chez qui nous dormons. Famille modeste, vivant essentiellement de la culture, le tourisme étant un appui ponctuel. Temples dédiés à la Pachamama et à la Pachatata sur les deux sommets de l'île. Le soir venu, Solange s'est vue affublée de la tenue traditionnelle (une robe super serrée au niveau de la taille et bouffante au niveau du cul); pour moi c'était plus simple (poncho et bonnet péruvien) et on est allé guincher sur la place du village... Malgré les apparences, ça faisait pas si touristico-touristique puisque les gens ont conservé ici leur mode de vie et leur culture. Il y a 10 communautés sur l'île et chacune d'entre elle reçoit les touristes à tour de rôle.

Taquile. Ile étrange, sorte de village d'Asterix, dans un monde anarcho-capitaliste, les habitants vivent de manière communautaire, la répartition des cultures et des récoltes est faite selon les besoins de chacun. Ils s'opposent à la construction d'un hôtel, accueil chez l'habitant, à tour de rôle. Code vestimentaire qui permet de connaître le statut social de chacun et surtout son état civil (marié/célibataire). Le bonnet rouge indique un homme marié (qui porte également un petit sac autour de la taille, destiné à recevoir les feuilles de coca), le blanc un célibataire. La femme célibataire porte un très long foulard noir sur la tête, la mariée ne couvre pas ses cheveux entièrement ou le porte sur les épaules. Pratique pour chopper. A savoir qu'il y a les petits malins qui porte le sac à coca mais aussi le bonnet blanc. Mariés, ils laissent la porte ouverte... S'ils peuvent avoir le bénéfice du doute... Pas de serrage de paluche sur l'île, on échange des feuille de coca. Escalier Inca de 584 marches pour regagner le bateau et Puno.

Il existe plusieurs mythes de la création relatifs à la civilisation Inca. L'un d'eux (certainement le plus ancien) fait du lac Titica le berceau du couple mythique envoyé par le dieu Soleil pour civiliser les peuples. Manco Capac et sa soeur-femme Mama Huaca, émergés des grottes connues sous le nom de Tambo-Tocco (la maison des fenêtres), se seraient ensuite dirigés vers le nord. Manco avait en sa possession un bâton en or qui devait s'enfoncer dans la terre pour indiuquer le lieu où l'empire devait être fondé. C'est ainsi que fut désigné le site de Cuzco ("nombril du monde" en langue quechua), future capitale de l'empire Inca.

Nous sommes restés à Cuzco et dans la vallée sacrée une petite dizaine de jours. Il est impossible de relater ici nos visites de chaque site. Ça serait fastidieux et je pense que ça enmerderait tout le monde. Ce qu'on peut dire d'une façon générale c'est que les Incas semblait être férus de "grands travaux". Là où certaines économies occidentales lançaient la construction d'oeuvres titanesques pour relancer leur économie, une théorie intéressante avance qu'elle permettait aux Incas d'homogénéiser rapidement les peuples vaincus, en faisant travailler conjointement des dizaines de milliers de personnes.

Pour les profanes que nous sommes, chaque site nous a semblé très différent. Mais ce qui frappe, c'est leur habileté pour modeler le paysage. Ils avaient le don pour transformer une montage à la roche très dure, un vulgaire mont hérissé de cailloux, en cités, palais, temples... Et c'est d'autant plus incroyable qu'ils ne connaissaient ni la roue, ni le fer , ni l'ecriture. Certaines pierres pesaient pourtant jusqu'à 100 tonnes et mesuraient jusque 7 m de haut.
La plupart des sites présentent une partie dédiée à l'agriculture, une partie résidentielle et un ou plusieurs centres cérémoniels (avec table de sacrifice et tout le bazar !). Au même titre que le soleil, l'eau était un élément vénéré, en témoigne les nombreux temples et fontaines édifiés pour le culte de cette divinité. Les Incas maîtrisaient l'irrigation et de nombreuses canalisations aériennes et souterraines subsistent.

Grosso modo on a visité dans la même journée Tambomachay, Puka Pukara, Q'enqo et Saqsaywaman (aller en "collectivo" jusque Tambomachay puis retour à pied jusque Cuzco en passant par les différents sites, on recommande la balade). En partant pour le Machu Picchu, détour sympa par Moray (terrasses incas en amphithéâtre, semblant être un centre d'expérimentation agricole. Les Incas y auraient testé quelques 250 espèces végétales, à différentes altitudes et j'imagine, humidité) et les Salinas, quelques 4000 bassins, exploités (on y récolte le sel, charrié par un fleuve venant des profondeurs des Andes) pour certains dès avant l'arrivée des Incas.

Des Salinas on a rejoint Ollantaytambo. De là on a pris le train pour Aguas Calientes (ville la plus proche du Machu Picchu). L'arrivée à Aguas Calientes est spectaculaire. Cette petite ville semble comme prisionnière, etouffée par les monts qui l'entourrent. C'est ce qui fait également la renommée du Machu Picchu, je pense. Le site sur lequel il est construit est spectaculaire. Il est également assez bien conservé. Et pour cause. Les Espagnols ne l'ont jamais trouvé. Pour rejoindre cette montagne (et d'autre sites sacrés), les Incas ont utilisé le chemin du même nom (4 jours de marche depuis Cuzco), à flanc de montagne, évitant ainsi les routes des vallées surveillées par les conquistadors espagnols. Ce n'est qu'en 1911 qu'Hiram Bingham, un archéologue américain, a découvert le MP. Conduit par un local, il trouva sur les lieux un couple de paysans cultivant les terrasses (tranquille pépère), à côté de cette grande cité, oubliée depuis des siècles et alors ensevelie sous la végétation. De nombreux mystères planent encore autour du MP : quel fut son rôle exact ?, pourquoi fut il abandonné ?, ou se sont réfugiés les derniers Incas ?, etc...

De nombreuses questions te passent également par la tête quand tu visites d'autres sites, comme Ollantaytambo ou Pisaq. En t'éloignant un peu, tu te prends vite pour Bingham, tant les sites sont étalés. T'as souvent l'impression qu'une partie seulement a été fouillée. Y'a toujours des chemins incas qui partent dans tous les sens. Ou mènent-ils ?. Si quelqu'un est interressé pour de l'exploration-aventure...

Sinon Cuzco est une belle ville. Dommage que les cathos aient détruits les idoles incas, construits leurs églises sur leur temples, utiliser leurs temples comme carrière de pierre, j'en passe et des meilleurs sur les miracles de la colonisation.

Et le Pérou, c'est tranquille. Un peu plus cher que la Bolivie. Plus développé également. La bouffe est meilleure. Y'a plus de pauvres. J'ai jamais autant donner la pièce. C'est contre mes principes mais les vieux semblent bloquer. Que veux-tu qu'ils fassent ici ? Je suis à peu près sûr qu'ils ne savent ni lire, ni écrire. Y'a même plus un temple où ils peuvent se recueillir... Des églises, y'en a une sacrée chiée. Mais quand bien même leur prendraient-ils l'idée saugrenue d'y aller, comprendraient-ils la messe, servie en espagnol ?. Bref. On a remarqué également que le Péruvien était un peu plus roublard que son voisin bolivien. J'ai surpris un conducteur de bus essayant de nous niquer d'un sol sur le trajet Ollantaytambo-Cusco (c'est rien mais c'est le principe). Quand j'ai vu que tout le monde payait moins cher que nous, je suis allé tapoter l'épaule du chauffeur, en lui disant grosso modo qu'il était bien gentil mais qu'il avait tout intérêt à me rendre deux sols. Il me les a rendu sans broncher. Ça va. Ça reste bon esprit.

On quitte dans les prochaines heures Cuzco et ses ruines pour Arequipa, en direction de l'océan pacifique. On a fait péter le bus cama pour un trajet débutant à 21h et une arrivée prévue vers 6h du mat. On verra ce que ça donne. Il parait qu'ils servent à diner et le p'tit déj...

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